LES JARDINS DU CHÂTEAU DU PIN

Label Conçus par Martine Diersé, sculpteur et plasticienne, ces jardins “contemporains” sont les jardins d’une artiste. Le regard qu’elle porte sur le paysage participe pleinement de sa création. Ils portent le label “Jardin remarquable” attribué par le Ministère de la Culture depuis 2010.

Martine Diersé, "Palissade" devant le bassin du Pin, grès émaillé, 2014.
Martine Diersé, “Palissade” devant le bassin du Pin, grès émaillé, 2014.

Créés il y a 19 ans sur des terrasses en friche, les jardins du Pin gardent l’implantation typique d’un paysage de la Cévenne ardéchoise (faïsses, murs en pierre sèche). Proches du volcan de Jaujac, ils bénéficient d’une terre acide avec des affleurements de grès houiller et d’un climat typiquement cévenol (épisodes de sècheresse entrecoupés de pluies violentes et abondantes au printemps et en automne). Ces jardins intègrent des sculptures de Martine Diersé (céramique, voile de béton, fer) et des oeuvres d’artistes invités. Parmi les nombreuses plantations, on y dénombre plus de 200 rosiers – 125 variétés modernes, anciennes et botaniques.

Ce ne sont pas des jardins classiques : pas d’allées, pas de “tableaux” ni de grandes perspectives, mais certains éléments d’inspiration classique sous une forme conventionnelle : tonnelles, folies, colonnes, balustres… Les jardins du Pin se découvrent et se dévoilent comme un labyrinthe de la pensée et du rêve.

Suivez le – la guide !

La  Terrasse

Devant la façade Sud du château du Pin, cette terrasse accueille les visiteurs. L’architecture XVIe siècle du bâtiment s’y conjugue avec la végétation.

  Surmontant le portail, une sculpture d’Odile Rivière (des têtes en grès) se mêlent à la floraison prolifique d’un rosier grimpant. D’autres rosiers ponctuent la façade du château, escaladent un portail Renaissance. Laurier, figuier, hortensias, oranger du Mexique, mandariniers et orangers, entourent cette terrasse. Au centre, une floraison en brique réfractaire émaillée dessine un ligne ondulante. A l’orée d’une vasque un personnage en terre cuite.

Le Jardin des Glycines

Bordé d’une barrière et d’une tonnelle de glycines chinoises et japonaises, le Jardin des Glycines mêle sculptures et végétation.

  Deux personnages en grès émaillé enlacés par le végétal se confondent avec les feuillages. Remarquer un rosier botanique étonnant dont les jeunes épines sont d’un rouge translucide, les grands verres d’Annet Perrin (souches et empreintes de lierre), de sculptures de Martine Diersé : corps morcelés en terre cuite dont une Piéta sous un sophora.

Le Jardin des Nains de jardin

Ce jardin s’allonge sur une faïsse qui conduit au Jardin clos. Les Nains se campent dans un carré de joubarbes.

  Personnages assis ou couchés sur des lits de pouzzolane, sculptures-boutures sur des grilles de fer, dessins à l’encre de Chine d’Armand Guérin reproduits sur bâches peuplent ce lieu planté de nombreux rosiers anciens aux noms évocateurs : Cuisse de nymphe émue, Moussu, Bleu magenta ou Mutabilis… Cyprès, olivier, figuier, plaqueminier, acanthes témoignent d’un territoire de l’entre-deux, à la limite de l’Ardèche méridionale, qui hésite entre châtaignier et garrigue.

Le Jardin clos

Il occupe l’emplacement des anciennes écuries ou “écuries brûlées”.

   Sur le mur Est, une meurtrière et la ligne d’appui d’une voûte. Le centre du jardin reprend l’idée de l’hortus conclusus du Moyen-Age avec son treillage de fer enfermant un personnage assis sous une tonnelle d’akebia, idée du jardin sacré, du jardin d’amour, symbole de pureté et d’innocence… Un tapis de géranium au parfum de citron fait couvre-sol pour Bébé fleuri, Le Vésuve et Rosa Gallica. Deux grands rosiers, Docteur W. Van Fleet et Laure Davoust, montent à l’assaut du mur soutenant la terrasse du château. Un corps tronqué gainé d’un émail bleu se prolonge d’un Leycesteria doré ou “arbre aux faisans”.

Le Jardin de la pente

On y accède par un escalier construit grâce à une technique populaire au XIXe siècle, le “rusticage”, ciment ferraillé qui imite le bois, ici des formes libres de couleur grise évoquant une danse.

  De nombreuses coques en fer dont une grande nasse soutiennent des plantes grimpantes, rosiers, clématite, jasmin ou chèvrefeuille. Le rocher affleure par endroits, des plantes peu exigeantes en nourriture y sont laissées sauvages : serpolet, salsifis, aristoloche, hélianthème, genêt… En voile de béton et céramique, “L’Œil qui pleure” contemple le ruisseau en contrebas trop souvent à sec (en été). Un sifflet en grès émaillé surgit dans la broussaille d’un Grevillea à fleurs rouges. Dans un minuscule bassin, se reproduisent crapauds et salamandres.

Les Têtes qui roulent

Avant d’accéder aux Jardins de la Grimpette, faire un détour par les Têtes qui roulent en suivant les flèches.

  Trois têtes en voile de béton, technique architecturale utilisée pour les maisons-bulle des années 60 (structure en fer à béton recouvert de grillage puis d’une couche de béton), semblent avoir roulé du haut de la colline et s’être figées au bord du ruisseau du Chassidou… Remonter jusqu’au tilleul centenaire, se reposer sur le “Banc-Oiseau” ou sur le “Mur-Banc” et attaquer la grimpette.

Les Jardins de la Grimpette

Au sommet de ces jardins, la “Grotte-Crâne”, sculpture en voile de béton recouvert de pâte de verre, prolongée d’un banc – ne pas manquer de pénétrer dans la grotte tapissée d’yeux en terre cuite !

  Une ligne de fers  toute en courbes et en vagues y ondoie jusqu’au sommet. Des verticales (colonnes et grès émaillé) rythment chaque terrasse. Ces terrasses sont occupées par des rosiers botaniques remarquables : Pimpinellifolia drageonnant, Rosa bracteacta aux feuilles persisistantes, Rosa palustris, etc. Sur la dernière terrasse, plantes de terrain sec : euphorbes, cistes, yuccas, graminées et grand personnage de grès émaillé.

Le Bois d’Amour

La visite se terminera par le Bois d’Amour et le Bassin.

  L‘eau ruisselle d’une source captée en amont au bassin, alimente une citerne. Une source retrouvée et protégée d’une coque en voile de béton, un bassin reconstruit, peuplé de grenouilles et de nénuphars où profiter du temps qui passe. On entend tout : la sève dans les arbres, l’eau, le vent, les éléments, les coassements. Ce bassin témoigne d’un plan d’irrigation très ancien : sources voûtées avec mines, béalières, organisation des droits d’eau. Face au bassin, le potager où, parmi les cosmos, poussent dru tomates et haricots, courges et salades… Et, parmi les frênes, dans le Bois d’Amour, deux figures féminines veillent à quelques pas du bassin.

Reflets dansle bassin.
Reflets dans le bassin.

Terrasse avec floraison de grès Jardin ouest au crépuscule Martine Diersé, "Couple", terre cuite.

Martine Diersé, "L'Attente", terre-cuite, 1995.
Martine Diersé, “L’Attente”, terre-cuite, 1995.
Les jardins du Château du Pin, montage audiovisuel. Réalisation : Martine Diersé, Danielle Entressangle. Texte de Christian Bontzolakis, 2012. 2012.
Les jardins du Château du Pin, montage audiovisuel. Réalisation : Martine Diersé, Danielle Entressangle. Texte de Christian Bontzolakis, 2012.

En 2012, Martine Diersé et Danielle Entressangle réalisent ce montage audiovisuel sur les jardins du Pin. Pour voir, cliquer ICI.

En 2015, à l’occasion des Journées du Patrimoine, le 19/20 de France 3 diffuse un reportage sur les Jardins du Pin. Pour le visionner, cliquer ICI.

 

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Ici tout est vivant.

Rosier Ferdinand Pichard

Les visiteurs des jardins ont à leur disposition un plan du jardin et un catalogue des rosiers (plus de cent variétés).

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Rosier Ghislaine de Feligonde.

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Jardins du Château du Pin sous la neige. Sculpture de Martine Diersé dans le Jardin des Ecuries brûlées.
Jardins du Château du Pin sous la neige. Sculpture de Martine Diersé dans le Jardin des Ecuries brûlées.

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Le Livre des Jardins du Pin.

(Photographies : Martine Diersé, Daniel Ponsard – Droits réservés – Reproduction interdite)