ACTUALITÉS

 

Château et jardins du Pin sont en pause hivernale. Les visites reprendront au printemps. Mais n’hésitez pas à nous contacter :

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…En attendant le retour des beaux jours (comme on dit), et pour songer (commencer à songer) aux cadeaux de Noël, ou pour se faire plaisir, un voyage avec nos éditions associatives (les Éditions du Pin) et leurs récentes publications. Pour acheter ces livres, et découvrir tous les autres, rendez-vous sur le site des Éditions du Pin  : www.editionsdupin.org

. CHRISTIAN BONTZOLAKIS, MARTINE DIERSÉ – céramiques – gravures – jardins – voile de béton

 

A la découverte de Martine Diersé, créatrice aux multiples facettes. Approche biographique, abécédaire des techniques, textes librement inspirés par les oeuvres et très nombreuses quadrichromies. L’ouvrage nous emmène des ateliers au four, des salles d’exposition aux jardins, du travail aux rêves, de l’humour aux mystères de la création.

Un très beau livre relié et cousu à la main !

ISBN : 978-2-916-997-29-2. 160 pages, 35 €. Frais d’envoi 9 €.

Extrait

Une part pour l’ombre, une pour la lumière – jeu des pulsions contraires sans cesse présentes dans l’oeuvre : l’énergie impressionnante de l’artiste au travail (au boulot ! lance-t-elle) les fusionne. Son intransigeance aussi, garante d’une exigence permanente – l’humour ne sera jamais futile, la douleur, la violence érotique de certaines sculptures, de certains dessins, jamais gratuites : ils provoquent le sacré. Et l’absence fréquente de bras dans ses personnages, la désarticulation des corps, leur gymnastique fabuleuse, appelle en fait l’équilibre. Ce que l’on maîtrise s’évade ? La main, le cerveau, le désir : à quel instant s’offre ou s’impose l’incarnation ?… Question d’attente, redit-elle, de tension et d’humilité.
L’extrême activité – lutte incessante – peut aussi être rompue de redoutables passages à vide, de doutes et d’angoisses inhérents à la création… Martine Diersé est secrète, souvent silencieuse ; et soudain prolixe quand il s’agit d’évoquer ses jardins, d’en commenter les délices – science odorante et piquante de milliers de roses – avant d’offrir graines ou boutures aux visiteurs… Reste à regarder les mains de l’artiste, longues et puissantes, entaillées souvent, maculées de terre ocre ou grise, comme la combinaison chinoise, bleu passé, qu’elle affectionne. Et ce mouvement habituel, d’un doigt le rejet de sa longue tresse vers le dos. La voici grave, l’ovale de son visage semble clos. Soudain (ombre et lumière encore), elle sourit, un sourire irradiant – tandis qu’elle enlace une sculpture jaillie du four, créature d’émail cobalt terrible et lisse, granuleuse et chaude encore.
. PATRICK COMBES, LES MOTS LA NUIT
Cinquante ans de Journal. Les Mots la nuit est le dernier des six volumes publiés aux Editions du Pin, qui réunissent les Carnets 2000-2016. (Trente-cinq années sont inédites.) C’est toujours la question des notes quotidiennes : les mots peuvent-ils dire le réel ? Leur propre histoire ? Dans L’Indigo du ciel, en 2013, les pages sur les voyages, les livres, le pays, les rencontres, s’achevaient sur l’absence, la mémoire, et le doute de poursuivre ou non l’entreprise. Mais l’écriture vit aussi d’existence autonome, affleure, renaît sans fin. Elle est cette énigme. Comment cesser d’écrire ? La nuit, les mots – voix intérieure, murmure, songe – viennent à nous. Non pour défier le jour, mais le célébrer.
ISBN : 978-2-916997-27-8. 354 pages. 20 €.
Extrait :
Décembre 2013.
23 h. Sur le balcon. La nuit glacée. Quelques étoiles. Beaucoup plus ce soir que les autres jours. C’est la nuit que le monde s’offre à nous : nous sommes en lui dans l’obscurité naturelle – il est la nuit même. Nous sommes vivants en elle. Notre destin, ce n’est pas l’avenir (lequel ?) mais l’origine : un jour, une fois, une seule fois, nous sommes nés. Nous avons vécu cette histoire, l’histoire de la vie est venue à nous, improbable, certaine. Nous avons connu, sans l’avoir choisi, un instant, cette inscription dans le Temps, ce partage du monde. Ce moment d’éternité.
[…] La paix, c’est entendre et accepter le silence du monde – ou sa rumeur en nous, très lointaine.
On peut interpréter des partitions plastiques comme on interprète des partitions musicales.
A partir de cette thématique, François Seigneur, architecte, plasticien et musicien questionne l’état du monde et l’état de la création artistique. Textes et visuels alternent dans ce livre radical et poétique paru aux Éditions du Pin, dans la collection Carré.

CHRISTIAN BONTZOLAKIS, TIRELIRES